L’exemplarité du manager

Ce mois-ci, j’ai envie de parler d’un sujet qu’on évoque peu… mais qui revient toujours sur la table : l’exemplarité du manager.

L’idée m’est venue après une situation professionnelle vécue ces derniers jours. Face à certains comportements observés, une question m’est restée en tête :

L’exemplarité est-elle encore un sujet en 2026 ? Est-ce une notion d’un autre âge ? Ou au contraire… une nécessité plus forte que jamais ?

Parce qu’aujourd’hui :

→ on demande toujours plus aux managers (notamment de terrain), → les injonctions sont nombreuses… et souvent contradictoires (celles-là, on les adore), → l’autorité liée au statut s’efface peu à peu : le manager n’est plus “chef”, il devient “coach”.

Et pourtant…

L’une des missions centrales du manager reste d’évaluer, de recadrer, de donner du feedback.

Mais comment dire à un collaborateur : « tu n’es pas au niveau attendu », si soi-même… on “s’arrange” avec les règles ?

Finalement, l’exemplarité pourrait se résumer ainsi :

Faire ce que je dis. Dire ce que je fais.

Ça paraît simple. Ça l’est beaucoup moins dans la réalité.

Quelques exemples très concrets :

🕒 Les horaires Vous arrivez systématiquement en retard à vos points individuels ou collectifs. Comment exiger ensuite de votre équipe qu’elle soit ponctuelle ?

📩 L’équilibre vie pro / vie perso Envoyer des mails à minuit ou le dimanche… Quel message implicite cela envoie-t-il ?

🗓️ Les réunions Pas d’ordre du jour. Pas de timing. Pas d’objectif. Et on s’étonne ensuite du désengagement.

Et puis il y a un autre marqueur fort :

Savoir s’excuser.

Non, ce n’est pas un aveu de faiblesse. C’est souvent un puissant levier de confiance.

Dans mes échanges avec des managers, j’entends souvent cette ambivalence :

— atteignez vos objectifs… mais préservez le bien-être des équipes

— soyez empathiques… mais “pas de vague”

— soyez autonomes… mais restez dans le cadre

Pas simple.

Au fond, chaque écart entre ce que l’on dit et ce que l’on fait fragilise deux choses : la légitimité et la confiance.

Et n’oublions pas une chose : l’observation est réciproque.

Le manager observe son équipe. L’équipe observe son manager.

Et parfois, il faut bien l’avouer, certains managers nous inspirent… à faire exactement l’inverse :

« Quand ce sera mon tour, je ferai tout… sauf ça. »

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Le manager exemplaire : vieille lune ou sujet brûlant d’actualité ?